À sec, à flot — comprendre les deux extrêmes de l'eau Ouvrir la carte
Comprendre

D'où viennent ces cartes, et ce qu'elles veulent dire.

Tout ce que ce site affiche vient de services publics, cités et datés. Cette page explique chaque donnée — et ses limites, parce qu'une carte honnête montre aussi ses trous.

Le quiz des bons réflexes 10 questions, 2 minutes — avec les explications. Le blog Mécanismes, démarches, droits — en articles courts. Le kit 72 heures La liste à cocher, d'après les recommandations officielles. Les deux extrêmes 14 081 communes ont connu sécheresse ET inondation.
Le saviez-vous ? Depuis 1982, la France a reconnu 190 934 arrêtés de catastrophe naturelle liés à l'eau — et 5 220 communes cumulent une exposition répétée sans PPR ni PAPI en vigueur. Source : base GASPAR (Géorisques), calcul À sec, à flot — visible sur la carte.

Pourquoi regarder les deux extrêmes ensemble ?

Une longue période sèche peut modifier le comportement des sols. Sur certains terrains argileux, les cycles de sécheresse et de réhydratation peuvent provoquer des mouvements du sol et fissurer les bâtiments. Puis l'eau revient. Parfois brutalement. Et lorsque les pluies deviennent intenses, des sols très secs comme des sols déjà saturés peuvent limiter l'infiltration et favoriser le ruissellement.

Ces mécanismes dépendent du type de sol, de son état hydrique, de la géologie locale et de l'intensité des précipitations — une sécheresse ne provoque pas mécaniquement une inondation. Mais les deux extrêmes touchent les mêmes territoires, parfois les mêmes maisons : c'est pour cela que ce site les montre ensemble.

Quand le sol travaille

Les alternances de sécheresse et de réhydratation peuvent provoquer des mouvements importants sur certains sols argileux. Pour les bâtiments exposés, ces cycles peuvent entraîner fissures et déformations.

Quand l'eau revient

Après certaines périodes sèches, des pluies intenses peuvent rencontrer des sols qui infiltrent difficilement l'eau et favoriser le ruissellement. À l'inverse, des sols déjà saturés peuvent eux aussi ne plus absorber suffisamment d'eau.

Sous nos pieds

Les nappes racontent une autre partie du cycle : leur niveau permet de suivre l'état des ressources souterraines et, lorsqu'elles sont très hautes, certaines situations de risque liées aux remontées de nappe.

Les trois scénarios d'inondation

La Directive européenne Inondation impose de cartographier trois crues sur chaque territoire à risque important (TRI) :

  • Décennale (période de retour 10 à 30 ans) — la crue que les riverains connaissent.
  • Centennale (100 à 300 ans) — la référence des plans de prévention.
  • Millénale — l'événement extrême, qui dépasse les digues et les mémoires.

« Période de retour 100 ans » ne veut pas dire « une fois par siècle, tranquille ensuite » : c'est 1 chance sur 100 chaque année — sur trente ans de crédit immobilier, environ une chance sur quatre d'y passer. Le sélecteur de la carte bascule les trois, pour le débordement des cours d'eau comme pour la submersion marine.

Et le zonage PPRI ?

Le Plan de Prévention des Risques d'Inondation est le document opposable : il classe les parcelles (souvent rouge = inconstructible, bleu = constructible sous conditions) et s'impose aux permis de construire. La carte l'affiche là où l'État l'a numérisé — l'absence de zonage à l'écran ne signifie pas l'absence de règle : votre mairie détient le PPRI opposable.

Et les PAPI ?

Un Programme d'Actions de Prévention des Inondations n'est pas une carte : c'est un contrat financé (digues, ralentissement des crues, alerte, culture du risque) entre l'État et un territoire. Cliquez n'importe où sur la carte : le rapport indique les PAPI qui couvrent la commune, depuis la base nationale GASPAR.

La vigilance crues

Vigicrues surveille 337 tronçons de cours d'eau et leur attribue une couleur : vert jaune orange rouge. Orange et rouge signifient des débordements dangereux — suivez alors les consignes préfectorales, pas une carte citoyenne.

Rejouer la crue

Sur la carte, le bouton « Rejouer les 72 dernières heures » rembobine les mesures des stations visibles, quart d'heure par quart d'heure. Chaque station donne son pic daté à la minute — utile pour dater un sinistre dans un dossier d'assurance — comparé à une silhouette de 1,70 m. Rien n'y est prédit : chaque image est une mesure passée.

Les hauteurs, en direct

L'État mesure environ 4 150 stations en service, rafraîchies toutes les 2 minutes (Hub'Eau). Sur la carte, un clic donne la hauteur, la tendance sur 7 jours et sa courbe — à Bordeaux, on y voit même la marée remonter la Garonne.

La sécheresse

Les restrictions d'usage suivent quatre niveaux : vigilance alerte alerte renforcée crise. Chaque niveau découle d'un arrêté préfectoral, que nous mettons en lien — c'est lui qui fait foi, zone par zone (VigiEau).

Les nappes

Les piézomètres mesurent la profondeur de l'eau sous le sol. C'est la réserve de long terme : une nappe basse en sortie d'hiver annonce souvent un été difficile pour les cours d'eau qu'elle alimente. Attention à ne pas confondre : l'eau souterraine et l'humidité de surface du sol sont deux choses différentes — c'est l'état de la surface (sol sec et compacté, ou déjà saturé), pas la nappe, qui gouverne le ruissellement d'un orage.

Les limites, dites franchement

  • La photo aérienne a 1 à 4 ans : elle ne montre jamais l'état actuel, encore moins une inondation en cours.
  • Quand une source tombe (Hub'Eau a des pannes), la page le dit — « service indisponible » et « aucune donnée ici » sont deux informations différentes.
  • Aucune prévision ici : pas de hauteur annoncée, pas d'heure de débordement. Prévoir est le métier de Vigicrues et de Météo-France.
  • Certaines mesures de nappes sont validées avec retard : la date affichée dit l'âge de chaque mesure.

Sources

Vigicrues · Hub'Eau · VigiEau · Géorisques — données publiques sous Licence Ouverte Etalab 2.0.

Les mots compliqués, expliqués simplement

Une crue centennale arrive-t-elle tous les 100 ans ?

Non. « Centennale » veut dire qu'elle a environ 1 chance sur 100 de se produire chaque année — elle peut revenir deux fois en dix ans, ou pas pendant deux siècles.

Nappe basse = sécheresse ?

Pas nécessairement. Le niveau des nappes et l'humidité du sol en surface sont deux choses différentes — une pluie d'été mouille le sol sans recharger la nappe.

Une maison fissurée est-elle forcément victime du RGA ?

Non. Tassements, malfaçons, vibrations… les causes sont multiples. Le retrait-gonflement des argiles est un suspect fréquent, pas un verdict automatique.

Une zone hors PPRI est-elle sans risque ?

Non. Le PPRI cartographie un risque étudié et réglementé — son absence signifie souvent que l'étude n'a pas été faite, pas que l'eau ne viendra jamais.

Pourquoi une rivière peut-elle monter très vite ?

Petit bassin, pente forte, sols qui n'absorbent plus, orage stationnaire : les crues éclair se comptent en heures, parfois en minutes.

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